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Année : 2019
Auteur :
De Marco Rosa

Mots clés :


Texte de présentation du colloque

Dessin - design - projet. Représenter et re-configurer les espaces ouverts

Dessin - design - projet. Représenter et re-configurer les espaces ouverts

Colloque international
ENSA Paris La Villette - HESAM
23-24 mai 2019

Organisé par les Equipes de recherche AMP-Mosaïques-LAVUE UMR 7218
Axe 5 du Lavue : « interfaces et nouvelles dynamiques d’urbanisation »

Avec le soutien du Ministère de la Culture, du LAVUE UMR 7218, de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette, du Réseau Européen UNISCAPE

Contexte et objectif du colloque

Dans les arts de l’espace–architecture, urbanisme, paysagisme –, le dessin a un rôle central. Après des siècles d’élaborations et d’inventions pour optimiser la représentation des idées spatiales et anticiper la transformation physique des lieux, le dessin a fini par être assimilé au projet. De l’esquisse aux plans d’exécution, sa mission reste celle d’expliciter le résultat de l’élaboration d’une idée, de l’acheminer vers sa concrétisation, de solliciter la confrontation entre les éléments et les acteurs divers intervenant dans l’ensemble du processus de la commande, à l’idéation, à la fabrication. Aussi, au delà de sa « mission documentaire », le dessin a acquis une valeur en soi : reconnu de par ses caractéristiques propres, il a été rapproché des autres produits des arts, tels que la peinture, la sculpture ou encore la photographie.

Aujourd’hui l’évolution des pratiques et des politiques de transformation des lieux réinterroge à la fois le dessin, le design –entendu comme processus de conception global concernant les projets à différentes échelles –et le projet spatial dans leur organisation traditionnelle. La prise en compte des avis –si ce n’est des visions –portées par les acteurs locaux et parles habitants, l’affirmation de démarches de concertation, de participation ou de co-conception ont ouvert la recherche sur d’autres formes d’expression et d’élaboration du projet spatial. Dans l’objectif de rendre transmissibles et partageables les données complexes relevées sur le terrain, aux démarches et outils issus de la tradition des sciences sociales (enquête, entretien, récit, ...) s’ajoutent et s’associent de plus en plus les outils issus des arts de la représentation graphique et visuelle–tels le dessin ou la cartographie.

La contribution des formes de représentation graphique et non discursive dans l’élaboration du projet des lieux –à la fois spatial, social et politique –est au cœur de recherches actuelles dans différentes disciplines –des sciences sociales et humaines aux disciplines architecturale, urbaine et paysagère.
Toutefois, l’adoption de ces représentations non discursives dans ce que l’on nomme l’expertise habitante, d’une part, témoigne du rôle central reconnu au dessin et à ses affiliés, d’autre part, elle témoigne d’une posture critique face à la longue tradition du « dessin savant », élément constitutif des arts de l’espace. Parmi les aspects critiques sont pointés la difficulté de communication avec les groupes sociaux non initiés à la compréhension des dessins dits techniques ; l’écart parfois important entre la réalisation des projets « très dessinés » et le terrain qui les accueille ; la géométrisation ou le formalisme de certaines réalisations qui rendent méconnaissable le socle à la fois géomorphologique et sociologique du secteur concerné ; ou encore une sorte d’esthétisation arbitraire.

Les compétences élaborées et acquises depuis des siècles en matière de représentation graphique et constituant le socle des arts de l’espace sont appelées à évoluer du fait de ces nouvelles pratiques et exigences. Quelles sont ces évolutions ? Quelles sont les nouvelles orientations du dessin, mais aussi du design -entendu comme processus -et du projet spatial ?
L’attention sera ici portée sur le thème du projet urbain, territorial et paysager, et de manière plus spécifique sur le dessin –design –projet des espaces ouverts.

La notion d’espace ouvert a émergé dans un premier temps par rapport au contexte urbain. Identifié à un secteur urbain ou périurbain non bâti, délaissé ou occupé par des pratiques productives ou par des activités transitoires, l’espace ouvert est reconnu comme l’espace public par excellence, concerné par des projets de parcs et jardins, par des dispositifs de protection ou de production, publics ou privés, permanents ou transitoires. Actuellement, dans le contexte de métropolisation et l’émergence de nouveaux territoires, l’espace ouvert est identifié aussi à des secteurs territoriaux à caractère rural, plus vastes –parfois très vastes–pris dans les mailles de la métropole ou de l’inter-métropole. Dans ce contexte il se voit accréditer souvent un rôle structurant dans la configuration des territoires métropolitains et extra-métropolitains. Issue principalement de la pensée et de la pratique aménagiste, la notion d’espace ouvert ne cesse aujourd’hui d’intéresser d’autres professionnels comme géographes ou artistes aussi bien que des associations habitantes ou des catégories professionnelles concernées parla production agricole ou forestière. Pour les uns, il représente le lieu d’une urbanité retrouvée ou réinventée, pour les autres il devient l’objet de revendication–habitante ou professionnelle –s’opposant tant à l’urbanisation diffuse qu’au système socio-économique qui la soutient.

La question du dessin, du design, du projet des espaces ouverts se pose de manière spécifique.
Si dans le cadre urbain la configuration des espaces ouverts tend encore à être articulée à la forme continue du bâti, suivant un dessin plus ou moins tenu, dans les cadres périurbain et rural, le dessin tend de plus en plus vers un non-dessin, il cède le pas à des configurations davantage liées aux langages formels en présence, déterminées par des pratiques spécifiques, par le tissage de formes discrètes ou par la combinaison de formes, langages, usages multiples. Quelle est l’évolution de la relation entre dessin-design-projet dans ce contexte spécifique ? Cette évolution participe-t-elle au renouveau des outils de représentation et de reconfiguration des lieux et des territoires ?

Ce colloque se situe dans le contexte contemporain du renouveau global et transdisciplinaire, questionne l’élaboration du projet à la fois spatial, social et politique des territoires contemporains, interroge le devenir du dessin et de la représentation graphique et non discursive à travers la confrontation de savoirs et de pratiques issus de traditions disciplinaires diverses. Il se pose comme une première rencontre exploratoire en préfigurant l’élaboration d’un projet de recherche international.