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Année : 2010
Auteur :
Mannisi, Alban

Mots clés :

Botrytis Cinerea

MANNISI Alban, « Botrytis Cinerea », in Essaimer le Trouble, A propos du travail de Gérard Hauray, Alban Mannisi (dir.), ZzaCBooK édition, Séoul, Corée du Sud, pp. 44-51, 2010 (en français et en anglais)

Baie de Tokyo. Eté 2009. Après un léger survol, atterrissage pour s’engouffrer dans les Limousine Bus en partance pour de hauts lieux de conférenciers attendus. Certains sont venus explicitement pour l’agrément vacances du voyage mais pour bon nombre des participants, le front soucieux gage de sérieux. Un mélange des mondes s’est donné rendez-vous dans cet espace haut en couleur d’une capitale encore asiatique (les bombardements nord coréens, une ligne ferroviaire ou un rapprochement opportuniste en feront bientôt une terre d’Europe ?). Telle une université d’été où l’on sourit déjà beaucoup car chacun est prêt à entendre une vérité à laquelle ils croient déjà ici. Sans faux espoirs aucun puisque la cause est déjà entendue dans le fait simple que de se rencontrer naîtra la solvabilité du propos. D’importants dividendes commencent à affluer, il est question de mettre en scène l’écho d’un retentissement. Bel espace clos qui laisse au dehors la chaleur étouffante d’une Asie en proie au re-développement, à la misère et toutes autres vicieuses vertus. La mini bouteille d’eau en poche, l’auditoire vient s’asseoir et réclame son lot de nouvelles sur les thèmes qui font tant plaisir à lire, en haut du programme, en bold, très gras. On les happerait en vol car ils s’en envoient de partout dès les premières secondes dès la distribution du programme, les regards mi figue mi confit se toisent. Il en va de l’intérêt commun de bien saisir ce qui va se dire ces deux jours qui sera ensuite, gloire d’émissaires, répété invariablement dans les comités pour une vie meilleure du monde entier. Que peuvent avoir à faire ensemble à ce congrès d’urbanistes européens, asiatiques et étatsuniens, ces deux notions alors peu valorisées au sein de la ruche : ‘Crise économique et architecture verte’ ?

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Avec Dévoiler les terres, Gérard Hauray poursuit une pratique qui a vu ses lettres de noblesse il y a une dizaine d’années au sein du milieu de l’architecture paysagère. Il s’agissait alors d’analyser et de rendre compte de micro paysages. L’exercice se poursuivait généralement en littérature qui s’est alors essoufflée sans même que le milieu n’ait à éteindre le brasier des stylos.
Mûrissement. Même si G.H. n’a peut-être pas été bercé par ces propos où un milieu intellectuel y découvrait une nouvelle variante à soliloque, ira–t-on jusqu’à décider qu’il n’y a donc rien de neuf avec Dévoiler les terres ? L’esthétique est la posture de son créateur qui d’un coup balaye les balbutiements antérieurs. Le beau ou le sens à donner à ces ‘mûrissements’ est décomposé par un positionnement nouveau. Version brahmane occidental de la compréhension des phénomènes qui nous mène. Neutralité ou offset d’un Thoreau ligéen.

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