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Année : 2010
Auteur :
Millet, Yves

Mots clés :


De la vitesse des plantes, Gérard Hauray artiste essayiste

MILLET Yves, « De la vitesse des plantes », in Essaimer le trouble, autour des œuvres de Gérard Hauray, ouvrage publié avec le concours de Direction générale de la culture de la ville de Nantes, Alban Mannisi (dir.), ZzaC BooK Edition, Séoul / Paris, 100 pages, Juillet 2010, Pages 8 à 13

Gérard Hauray est artiste essayiste.

Il expose, participe et organise des conférences, séminaires sur l’art, la science et l’écoumène.

Il n’y a pas de moment favorable pour une conciliation des pratiques paysagères et des mystères scientifiques qui les fondent. Gérard Hauray, mêle, au cours de ses recherches, l’écoute de ces échos terrestres qui nous préoccupent et ces découvertes de laboratoires qui voudraient nous alarmer. Développant un étonnant travail de dévoilement des paysages qu’inconsciemment nous portons et semons sur notre passage, lors de nos déplacements, paysages qui nous ont fondés, paysages qui nous fondent.

Questionnement – révélation plutôt que démonstration, il encourage le croisement des regards sur notre monde du vivant et décloisonne les disciplines scientifiques, artistiques et philosophiques. Démarche méticuleuse – patiemment tissée – dont ses expositions et colloques rendent compte.

Dans son travail, Gérard Hauray adopte une approche artistique de l’idée d’écoumène (espaces habitables sur terre) et d’un examen des relations entre les êtres humains, la nature, les paysages et leur symbiose.

Extrait :

”Il en est le plus souvent des artistes comme des chasseurs, à l’affût des signes, des flux ou des pulsations sourdes qui sont la trame de nos expériences. Tendre des pièges, des filets, capturer l’évènement. La métaphore du chasseur n’est en rien superfétatoire ; l’art n’est jamais très loin puisqu’il n’est autre que l’établissement obstiné d’une position particulière.

Gérard Hauray, lui, a tendu un filtre. Il s’est placé à l’intersection d’un lieu de transit, une gare, pour se mettre à l’échelle d’un monde commun qui aujourd’hui nous est de plus en plus familier. L’ingéniosité du dispositif laisse rêveur, le résultat tout autant. En récoltant les graines insoupçonnées sous les chaussures des voyageurs, il entreprit un milieu de culture. Ou, mieux, une mise en culture du milieu. ”

YVES MILLET, ” Gérard Hauray ou de la vitesse des plantes. ”

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