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Année : 2009
Auteur :
Nys, Philippe

emscher park et cycle de conf chiasma.pdf

Emscherpark, matrice d’un néo-pittoresque contemporain, 2009

NYS Philippe, « Emscherpark, matrice d’un néo-pittoresque contemporain », 2009, Un des éléments des rapports remis à la DAPA pour la recherche Le pittoresque aux limites du moderne, I et II, 2004 et 2007

Introduction

Le plus souvent porteur d’une connotation passéiste, se rapportant aux paysages vernaculaires identitaires, le « pittoresque » semble aujourd’hui former avec le « contemporain » une structure oxymorique. En fabriquant cette expression de « structure oxymorique », nous voulons indiquer par là que cette figure de rhétorique, nommant la coïncidence des opposés, ne concerne pas que la fabrique du discours mais aussi l’organisation des « choses ».

C’est à ce titre que ce rapport explore les formes de la fabrique du monde contemporain en continuant d’identifier les analogies, emprunts, dévoiements, pertes de caractéristiques par rapport au pittoresque « historique » tel qu’il s’est construit aux XVIIIème et XIXème siècles, en Angleterre. Ce qui n’était qu’embryonnaire au XVIIIème (tant au niveau de la médiation par le livre que la production matérielle) serait devenu la règle. Le pittoresque est un mode, une modalité de présentation et de représentation du réel qui est et prétend être adéquat à sa fabrication, augmenté aujourd’hui de la puissance technique et de la dure nécessité d’aménagement de la totalité du monde.

C’est la raison pour laquelle le pittoresque se tient dans une position paradoxale : une volonté de picturalisation de tout le réel qui fait office de justification, d’auto-justification, qui implique des enjeux d’organisation d’espace et donc territoriaux, économiques et politiques. A terme, rappelons-le, l’ambition de l’ensemble de cette recherche est de faire émerger de ces explorations un cadre théorique qui délimiterait ce qui caractérise le pittoresque contemporain, l’hypothèse générale et générique consistant à dire que la « fabrique » du monde contemporain relève d’un projet (global) pittoresque dont la structure (méta-poïétique) peut être dite oxymorique.

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