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Année : 2020
Auteur :
Falzon, Laurence

Fictionner et frictionner l’oxymore - Clermont-Ferrand

Fictionner et frictionner l’oxymore

IN ITINERE / Clermont-Ferrand, la métropolisation et les autres

Progamme POPSU

Dans le cadre du projet scientifique IN ITINERE, Laurence Falzon (AMP) & Dimitri Szuter (GERPHAU) sont en résidence à la villa Sabourin, pour une exploration métropolitaine conduisant à la fabrication d’une marche publique en lien avec les termes Nature & Culture.

Démarches et intentions

Clermont-Ferrand Métropole ; à l’ouest de la ville, la fin de l’urbanisation, stoppée par la faille de Limagne. Un phénomène géologique - infra - qui a donné naissance au paysage accidenté des marges urbaines à l’ouest et au territoire habité par trois communes limitrophes : Durtol, Chamalières et Royat. Cette faille, connectée à l’apparition géologique et volcanique de la Chaîne des Puys, classée désormais au patrimoine mondial de l’UNESCO, a formé un territoire au relief singulier : c’est notre terrain d’arpentage. De part et d’autre de la faille, des puys et des collines tantôt colonisées par une nappe pavillonnaire, tantôt laissée à la nature, nous offrent de multiples opportunités d’appréhender le territoire par le haut.

Nous sommes d’abord partis en quête de ces points de vue, afin de mieux comprendre le paysage, pour mieux nous y projeter avant de replonger en immersion dans ses marges, dans ses recoins, à la découverte de ses spécificités. Nous avons sillonné les crêtes, micro-vallées et bassins, traversées par des ruisseaux souvent recouverts partiellement et parsemés de systèmes hydriques - bassins d’orages - qui peuplent le territoire sans que l’on y prête attention. De multiples infrastructures et autres formes d’interventions humaines “anthropiques” ont progressivement sculpté ce paysage accidenté pour mieux l’habiter, le domestiquer, l’épouser. En parcourant ce secteur, nous avons découvert un théâtre à ciel ouvert, mettant en scène différents registres de rapports et de relations entre nature et culture, comme autant d’accroches potentielles pour la mise en récit du territoire.

Le point de vue, origine de nos explorations, forme déjà en soi une première source éminemment culturelle de représentation de ce rapport. Ainsi et depuis l’immersion, nous jouissions tantôt avec les habitants rencontrés d’une proximité inédite avec la nature, d’une tentative de rapprochement, ou de domestication douce, pour mieux nous nourrir d’elle dans tous les sens du terme. Parfois nous découvrions avec stupéfaction les dérives de l’activité humaine, les traces et cicatrices qui ont provoqué l’entropie au sein des milieux, entraînant la création de désordres et précipitant une certaine forme de chaos.

Nous avons donc identifié des sites “immersifs” dans le territoire qui représentent différents registres d’opportunités dialogiques entre nature et culture, sur une échelle de gradation entre la symbiose et la rupture. Ces tensions, rapports, relations qui émergent des sites choisis sont parfois difficilement perceptibles, tout en pré-xistant, à émissions faibles. Nous souhaitons créer, à partir de ces sites, des situations d’amplifications de ces rapports, pour mieux les révéler, les représenter, pour mieux raconter le territoire par le prisme de ces relations. À partir de nos pratiques d’interventions “performatives”, nous produisons alors un récit des lieux en décalage, empruntant le registre du “réalisme imaginaire” pour représenter de manière fictionnelle et frictionnelle, des sujets de fonds sur lesquels il nous faut encore parler.

Voir le port folio du projet en cours

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